Et tout s'est cassé comme les formes que ta main engendre.
La brisure de sel, mes mains en feu sont elles aussi brisées
Par le froid d'une larme.. Il était pourtant simple..
Je vois en ces rebords l'argent,
Et l'or du navire qui m'emmène loin
Au delà, sur cet océan qui n'existe pas
Bien plus que dans la paume de ta main de sang.
Toujours le sang et l'ivresse du retard en pleurs
J'apporte à ton sourire ces larmes sont un don de moi.
Le ciel est trop brumeux pour attendre la lune,
Il est dommage et triste d'épeler cet instant
De vie qui sombre au ciel - et j'entends la joie du monde
Qui s'aime, et sème les graines, ou cosses vides
D'un fruit qui pourrira, sa racine gangrène
De l'esprit ronge l'attente et puis le temps.
Il y a de ces lumières qu'on ne voit pas en noir,
Il y a de ces lampes qui choisissent d'éclairer le sombre
Tu es de celles ci, navire effaré dans la brume, proue
Déchiquetée qui coule depuis toujours, mais sans sombrer..
Les reliefs d'un repas, encore de trop au monde.
Si tu savais par quelle capitaine
Sont conduites ces barques
Qui flottent, portées au vent..
Ce n'est pas un maître mais plutôt un sorcier,
De ceux qui savent et ne le montrent pas.
Si tu savais où vont ces maladies,
Où vont ces miasmes de sang qui blesse..
Le château je le vois, maintenant,
Dresser son absence de tours,
Bloc sombre sans fenêtre,
Lumière noire au creux du jour :
Il n'est ni beau ni grand, il est là.
Dans mes yeux, comme un insecte
Sans couleur, attiré par la fange.
Je le hais ce château bleu-vert-gris calcaire
Laid comme un ange en gloire..
Comme un sucre dissous dans l'acide de souffre,
Il passe de blanc, à noir en un instant d'absorber
Ce liquide qui le rend beau comme enfer.
Ce château c'est ton c½ur.
Et je vois sa mâchoire, immense, herse tendue vers l'ennemi
Herse rouillée, tétanique, ou simple sourire de monstre.
Il me regarde en dieu son donjon de non-être..
Il est là, qui m'attend pour rire
Ces grands éclats qu'à fait mon âme..
Et tout s'est cassé en moi
Car perdre une goutte à l'océan
Fait couler ces navires
Fait crever le ciel du saut d'un enfer
Jusqu'en bas du monde
Ou bien si loin..
Ce sont de grands cercles, en aiguilles
Qui déchirent cette âme..
Allez par le vent, pitié..
Laissez le chant de l'Homme en vie..
Allez sauver ce qui est déjà mort..
Pitié.. Courez aux gouffres de l'Enfer..
J'y connais un bien-être.. Peut être..
Jamais plus l'immense bâtiment,
Château d'un capitaine,
Ne voguera
Sur l'océan
Du creux de ta main de sang..